Cinq candidats briguent le siège de la présidence : Une élection sous tension

L’élection présidentielle prévue aujourd’hui se déroulera dans un contexte très particulier puisque l’échéance est rejetée par beaucoup d’Algériens depuis plusieurs semaines déjà.

Et la contestation s’est accentuée ces derniers jours avec l’approche de l’échéance. Hier encore, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale. Dans l’immigration, des rassemblements sont organisés au niveau des consulats depuis l’entame, samedi dernier, de l’opération de vote de la communauté algérienne à l’étranger.

Une situation plutôt tendue qui fait naître des craintes chez beaucoup d’Algériens par rapport à la journée d’aujourd’hui. D’où tous les appels au calme et au maintien du caractère pacifique des manifestations, lancés par nombre de personnalités et de partis politiques.

Le sentiment de défiance de beaucoup d’Algériens et de la totalité des partis politiques de l’opposition vient du fait que le pouvoir en place a refusé, dès le départ, de faire des concessions par rapport à nombre de revendications, comme pour ce qui est du départ du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, et de son Premier ministre, Nourredine Bedoui – ce dernier nommé d’ailleurs par Abdelaziz Bouteflika juste avant sa démission.

Ceci, alors que certaines formations politiques – celles regroupés principalement au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) – plaident carrément pour un processus constituant. Ainsi, en plus du maintien de ces deux «symboles» de l’ancien système, la manière avec laquelle a été constitué le panel du dialogue, présidé par Karim Younès, et par la suite l’Autorité nationale indépendantes des élections (ANIE), confiée à l’ancien ministre de la Justice Mohamed Chorfi, ainsi que leurs composantes, ont creusé davantage le fossé.

Deux présidentielles déjà annulées

Il est sans rappeler qu’après l’annulation de la présidentielle du 18 avril, qui allait, si ce n’était la mobilisation citoyenne, consacrer le 5e mandat de Bouteflika – ce dernier ayant démissionné le 2 avril après six semaines de manifestations – le pouvoir en place avait tenté d’organiser une première fois une présidentielle dont la date avait été fixé au 4 juillet. Mais cette dernière a été annulée faute de candidat, le Conseil constitutionnel ayant invalidé les dossiers de deux inconnus. Un processus voué à l’échec dès son lancement puisque la «conférence nationale» qu’avait tenté d’organiser Bensalah a été un échec.

Devant mettre en place l’instance des élections, la rencontre, programmée le 22 avril, avait été boudée par la quasi-totalité des partis politiques, y compris ceux de l’ex-alliance présidentielle. Même le chef de l’Etat par intérim avait fait finalement l’impasse. C’est ce qui a fait que le rendez-vous a été tout simplement annulé.

Mais alors que les uns et les autres s’attendaient à la mise en place d’une transition ou d’un processus constituant, chacun selon ses objectifs, d’autant plus que l’intérim de Bensalah devait prendre fin le 9 juillet, le Conseil constitutionnel décidait de proroger son mandat «jusqu’à l’élection d’un président de la République». Finalement, le pouvoir en place n’entend pas faire la moindre concession par rapport aux revendications populaires.

Installation du Panel de Younès et de l’ANIE de Chorfi

Durant le mois d’août, le panel de dialogue et de médiation, dont le coordinateur est Karim Younes, est installé. Les partis de l’opposition refusent de recevoir ses membres. Mais cela ne l’empêche en rien d’établir un rapport dans lequel il adopte la feuille de route du pouvoir en place, mais aussi son calendrier. La remise du rapport s’est faite le 8 septembre, cinq jours après que le chef de l’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, ait «suggéré» la convocation du corps électoral pour le 15 septembre.

C’est ce qui s’est fait. D’où cette date du 12 décembre pour la tenue de la présidentielle. Et c’est ce même jour (15 septembre) que Mohamed Charfi a été «élu» président de l’Autorité nationale indépendante des élections.

Entre-temps, la contestation se poursuit et la mobilisation devient même de plus en plus importante, après la baisse constatée durant l’été. Mais le processus poursuit son court.

Début novembre, l’ANIE valide cinq dossiers de candidature sur 23 déposés. Il s’agit du président du front El Moustakbel, Abdelaziz Belaïd, du président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, du président du mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, de l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, et du secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi.

Et au fur et à mesure que l’élection approche, les rassemblements de rejets de l’élection se font de plus en plus nombreux, notamment en marge des meetings organisés par les candidats. En face, les organisations inféodées au pouvoir en place tentent d’organiser des marches «pro-élection» au niveau de certaines villes du pays.

Le 30 novembre dernier, l’UGTA a organisé une manifestation à Alger pour dénoncer la résolution sur l’Algérie adoptée par le Parlement européen, mais aussi soutenir le processus électoral. La marche ne draine pas les grandes foules, comparativement avec celles des mardis et des vendredis, mais elle est largement médiatisée, tout comme bien évidemment les autres rassemblements de soutien à la présidentielle. Ce qui n’empêchera pas le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, d’affirmer, le 6 décembre dernier, que «les manifestants pro-élection sont plus nombreux que ceux qui s’y opposent».

C’est dans ce tumulte politique que se tiendra, aujourd’hui, l’élection présidentielle. Qu’en sera-t-il, alors que beaucoup d’Algériens promettent de sortir manifester en ce jour ? Il est clair que cette présidentielle ne se déroulera pas dans un contexte normal, même si différents officiels affirment le contraire. D’où la multiplication des appels de personnalités et de partis politiques pour le maintien du caractère pacifique du hirak.

La journée d’aujourd’hui sera certainement longue et tendue…

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Le mouvement populaire s’inscrit déjà dans l’après 12 décembre : Le Hirak déterminé à maintenir la mobilisation

Le décor de l’Algérie post-22 février 2019 ne risque pas de changer pas après cette présidentielle contestée. Le mouvement populaire en cours, depuis 10 mois, n’est pas prêt de céder face au passage en force du pouvoir en place.

Les Algériens qui accentuent les manifestations pour faire barrage au scrutin présidentiel d’aujourd’hui, 12 décembre, se montrent déterminés à poursuivre cette révolution pacifique jusqu’à la réalisation de l’idéal rêvé : l’instauration d’une nouvelle Algérie démocratique. Une aspiration qui ne se réalisera pas, selon eux, avec une «mascarade électorale» imposée pour reconstituer un système en faillite qui risque d’entraîner dans son sillage l’Etat et le pays. Dans l’esprit du hirak qui se poursuit malgré la répression, la désinformation et la propagande, le nouveau cap est déjà fixé. C’est le vendredi 13. Ou peut-être le jour même de l’élection.

Les manifestations organisées hier à Alger et dans de nombreuses villes du pays sont déjà un prélude d’un nouveau départ pour cette révolution pacifique. Les milliers de partisans du mouvement populaire veulent déjà faire du jour de l’annonce des résultats de cette joute électorale qui se déroulera à huis clos le début de la disqualification de ce processus imposé contre la volonté populaire. Ils veulent aussi annoncer leur rejet de celui qui sortira des urnes de l’illégitimité. De nombreux appels à poursuivre la lutte sont déjà lancés.

A commencer par le groupe des 19 personnalités et intellectuels qui ont rendu publique, avant-hier, une déclaration adressée aux Algériens. En effet, les signataires, dont Ali Yahia Abdennour, Taleb Ibrahimi, Ali Benmohamed, Abdelaziz Rahabi, Mustapha Bouchachi, Noureddine Benissad, Arezki Ferrad, Hadi Hassani, Nacer Djabi et Abdelghani Badi, invitent «les partisans du hirak à considérer le rendez-vous du 12 décembre comme une étape parmi d’autres qu’il faut traverser avec succès pour préserver leurs pacifisme après cette date».

D’autres appels invitent également les Algériens à sortir massivement ce vendredi pour exprimer le refus de l’élection et de ses résultats. C’est le cas du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) qui, tout en appelant au rejet du scrutin d’aujourd’hui, exhorte aussi le mouvement populaire à rester mobilisé pour déjouer tous les plans du régime en place.

Les Algériens, prédit pour sa part le président du RCD, Mohcine Belabbas, lors de son passage, mardi soir, sur le plateau de Berbère TV, «ne vont pas rentrer chez eux après le 12 décembre». «Les Algériens ont compris que plus on avance dans le temps, plus il faut aller vers d’autres actions de pression sur le pouvoir en place (…) Ils sont en train de dire au pouvoir en place qu’ils ne s’arrêteront pas après ce scrutin. Le peuple algérien est conscient qu’il est nécessaire de tout reconstruire, car on a eu un faux départ dès 1962», souligne-t-il.

En tout cas, la résistance du mouvement citoyen à tous les coups de boutoir du régime, durant 10 mois, confirme qu’il s’inscrit dans la durée. La crise politique ne se règle pas avec un coup de force contre la volonté populaire. 

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Un 11 décembre mouvementé à Alger : «Nous sommes là, nous existons, nous sommes le peuple !»

Alger, 11 décembre 2019. 10h15. Belcourt. La marche prévue au départ de la place du 11 Décembre, en contrebas du marché de Laâqiba, s’est ébranlée depuis un petit moment, drainant des milliers de citoyens de toute condition. Les manifestants foncent en direction du Champ de Manœuvres en répétant en boucle un chant qui a très vite pris : «Oh ya îssaba, djabouna 5 diyaba, qolna makache el vote, aliha nehya we n’mout !» (Oh îssaba, on nous a ramené 5 loups, on a dit pas de vote, pour notre cause nous vivrons et nous sommes prêts à mourir).

La foule entonne également : «Echaâb yourid el istiqlal !» (Le peuple veut l’indépendance), «Makache intikhabate maâ el îssabate !» (Pas de vote avec les gangs). A un moment rugit ce cri en écho aux dizaines de chouhada tombés le 11 décembre 1960 sous les feux de la répression coloniale : «Belouizdad echouhada !»

Le cortège traverse le grand boulevard sans heurt. Tout paraît normal. En s’approchant de la place du 1er Mai, un imposant dispositif de police est déployé peu avant le ministère de la Jeunesse et des Sports. Des camions bleus sont alignés sur la chaussée pour bloquer l’accès aux manifestants. Une haie de policiers antiémeute, en casque bleu et matraque, fond sur les marcheurs pour les empêcher de gagner la rue Hassiba Ben Bouali.

Une partie d’entre eux réussit à franchir habilement la première barrière de police. Des cris fusent : «Silmiya, silmiya !» (Pacifique). Une autre haie d’hommes en bleu se forme à hauteur du MJS. Le cortège récupère néanmoins une bonne partie de ses troupes sur la place du 1er Mai. Un autre dispositif hermétique se redéploie et des engins de la police barrent le haut de la rue Hassiba Ben Bouali. Pour contourner le check-point, les protestataires s’engouffrent dans la ruelle située juste derrière le commissariat en hurlant : «Dirouna les menottes, makache el vote !» (Mettez-nous les menottes pas de vote). Des jeunes hurlent : «Houriya !» (Liberté).

Les manifestants rejoignent Hassiba via une autre ruelle. D’autres engins de la police s’empressent de quadriller la grand-rue. Le cortège se reforme et avance de quelques dizaines de mètres avant d’être stoppé net par un nouveau cordon de casques bleus. La foule reste immobilisée un petit moment. Certains manifestants empruntent les escaliers qui débouchent sur la place Hoche, mais le gros des marcheurs reste sur la rue Hassiba. Les frondeurs martèlent : «L’istiqlal, l’istiqlal !» (L’indépendance).

«11 décembre 2019 : indépendance des Algériens»

La marée humaine réussit à forcer le barrage de police et poursuit son avancée, mais guère pour longtemps. Car voilà une autre digue d’hommes en uniforme, encore plus imposante, dressée à hauteur de la place de la Liberté de la presse. La foule se masse à l’intersection Hassiba-Victor Hugo et reste bloquée là. Impossible d’avancer. «Echaâb yourid l’istiqlal !», «Makache intikhabate maâ el issabate !» (Pas de vote avec les gangs), crie-t-on à tue-tête…

Les références au 11 Décembre sont nombreuses sur les pancartes : «Indépendance : le 11 Décembre 1960 de l’Algérie ; le 11 décembre 2019 des Algériens», «Le 11 décembre 2019, continuité du 11 Décembre 1960», «11 Décembre 1960- 11 décembre 2019 : même combat d’un peuple uni et fier de sa révolution pacifique, déterminé à aller jusqu’au bout pour arracher son indépendance. Gloire à nos chers martyrs !»

Un citoyen s’insurge : «57 ans d’injustice, barakat !» Un autre a une pensée émue pour les prisonniers du hirak : «Les détenus d’opinion sont en grève de la faim». Un petit garçon a lui aussi son bout de carton avec ce message touchant : «Ne me laissez pas grandir avec les gangs». Le rejet de l’élection est une fois de plus clairement exprimé : «Le peuple libre veut arrêter cette mascarade et reporter les élections», proclame un boycotteur actif.

Un autre opposant à la présidentielle écrit pour sa part : «Les élections du 12/12, c’est de la corruption politique». Une femme s’est fendue de son côté de ce tendre cri du cœur : «Nous sommes là, nous existons, nous sommes le peuple !»

Quand la police s’amuse à saucissonner les cortèges

Le statu quo dure environ une demi-heure avant que les manifestants se résolvent à emprunter le pentu boulevard Victor Hugo qui offrait l’avantage de ne pas être quadrillé par la police. Et voici la déferlante humaine qui déboule sur la rue Didouche comme les vendredis du hirak. La plupart des magasins ont baissé rideau par précaution.

La foule s’étale sur la chaussée aux cris de «Makache intikhabate maâ el îssabate !», «Oh ya îssaba, djabouna 5 diyaba, qolna makache el vote, aliha nehya we n’mout !» La procession passe par la place Audin occupée par la police avant de déboucher à la Fac centrale puis sur la rue Abdelkrim Khettabi, aux abords de la Grande-Poste. Une nouvelle fois, la police va s’amuser à saucissonner les cortèges. Des cordons se forment et se déforment à chaque fois pour empêcher les manifestants de se regrouper.

12h05. Les forces antiémeute s’emploient à repousser violemment la foule massée à l’orée de la rue Kettabi. Cris. Confusion. Bousculades. Bastonnades. Mustapha, étudiant en droit muni d’un appareil photo, est écœuré. «La police agit aveuglément, n’hésitant pas à violenter des vieilles, des femmes, des enfants… Je n’avais même plus le cœur à prendre des photos. J’étais dégoûté par tant de violence gratuite. J’ai même repris la cigarette», témoigne-t-il, scandalisé, en tirant sur sa clope avant de l’écraser.

Un peu plus tard, nous croisons un citoyen qui a été blessé justement lors de ces mêmes violences policières, la jambe droite langée par des bandages. Il marche difficilement, soutenu par des épaules amies.

Vote satirique dans un bidet de toilettes

12h25. Une colonne de policiers antiémeute lourdement harnachés fond sur la foule en provenance de la place Audin. Ils foncent dans le tas, décidés à disperser la manif à tout prix. Mais les marcheurs résistent. «Ma tekhaf’ch !» (N’aie pas peur), lâche une femme. «Pouvoir assassin !» crient les protestataires.

12h41. Min Djibalina retentit en chœur. Chair de poule. Un jeune lance : «Dirou wech edirou makache el vote !» (Quoi que vous fassiez, il n’y aura pas de vote). Bientôt, la foule massée près de la Fac centrale est tenaillée par deux cordons de police de plus en plus rapprochés. Une autre escouade accourt par la rue du 19 Mai 1956, avant de former une haie hermétique à hauteur de l’entrée principale de la Fac centrale. Mais cela n’empêche pas les manifestants d’affluer de toutes parts. Ils continuent à lancer leurs clameurs irrévérencieuses dans une ambiance festive.

Rue Arezki Hamani (ex-Charras), un groupe de citoyens s’est même amusé à organiser une parodie d’élection devant une benne à ordures. Ils invitent des électeurs tout aussi loufoques à glisser leur bulletin dans un… bidet de toilettes sur lequel est marqué : «12/12/2019 : on vote ici».

Les passants se prêtent volontiers au jeu. L’un des préposés à ce vote satirique prend la presse à témoin : «Hé, les journalistes, notre élection est transparente n’est-ce pas ?» s’esclaffe-t-il. «C’est tout ce qu’ils méritent», assène un vieux monsieur avant de jeter son bulletin dans les toilettes sous les hourras du public. L’un des animateurs de cette opération cocasse, digne d’une performance artistique, appelle les «votants» à accélérer la cadence : «On a un dépouillement à faire, grouillez-vous !» A la fin de l’opération, le numéro se conclut par un autodafé des bulletins, qui sont brûlés dans le bidet. Un nuage de fumée monte comme pour singer l’écran de fumée du 12/12…

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Le scrutin de la division

Jamais le pouvoir n’a autant douté de la participation populaire à l’élection présidentielle qu’avec le scrutin d’aujourd’hui conçu et enfanté aux forceps.

Rejeté par une large frange de la population qui se reconnaît dans les revendications du hirak, ce scrutin se présente comme celui de toutes les incertitudes et de tous les risques. L’amplitude du mot d’ordre «Pas de vote avec la îssaba !» (la bande) adopté comme hymne solennel du mouvement et entonné lors des manifestations les mardis et vendredis depuis l’annonce de la date du scrutin, s’est littéralement emballée à mesure qu’approchait l’échéance électorale.

Bien que minimisant la portée du mouvement de boycott de l’élection présidentielle à travers une insidieuse campagne de déni de la réalité par laquelle on s’échine à accréditer l’idée que la majorité des sympathisants du hirak sont favorables à la tenue de l’élection de ce jeudi, le pouvoir qui détient les véritables chiffres du rapport de force ambiant a multiplié les initiatives ces derniers mois et semaines pour tenter de reprendre l’initiative du terrain dans l’espoir de convaincre les indécis de voter tout en allant, sans fausse pudeur, chasser même sur les terres du hirak.

Les incessants clins d’œil du chef d’état-major à l’adresse des manifestants auxquels il n’a eu de cesse, depuis le 22 février de réaffirmer la volonté du commandement militaire d’accompagner ce mouvement pacifique tout en relevant son pacifisme et sa maturité politique n’auront pas réussi à rétablir la confiance avec la population qui s’est sentie désabusée et trahit par les manœuvres du pouvoir pour maintenir et perpétuer le système de gouvernance en place.

Usant de la carotte et du bâton, le gouvernement a multiplié les mesures sociales populistes : attribution de logements, permanisation des personnels contractuels de la Fonction publique, réactivation des formules de crédit Ansej et autres, revalorisation des pensions des handicapés, importation des véhicules d’occasion, amélioration de la prise en charge de nos hadjis, gestion des comptes devises par les particuliers…

Raser gratis

Il ne se passe pas, en effet, un jour sans que le gouvernement convoqué quasiment en session ouverte permanente n’annonce de bonnes nouvelles pour améliorer le quotidien des citoyens et booster l’économie. «Votez et vous raserez gratis !» c’est le message que suggère le volontarisme de l’Exécutif qui feint ignorer qu’il n’a pas la vocation et la légitimité requises pour s’arroger des pouvoirs régaliens, se projetant même dans le futur alors que ses jours sont sensés être comptés au soir de l’élection présidentielle.

Dernier acte de la pièce de théâtre de boulevard mise en scène par le pouvoir pour inciter à un vote massif : le rappel de ses satellites parmi les organisations sociales et de la société pour des marches de soutien à l’élection présidentielle, à l’institution militaire et contre l’ingérence étrangère. Cette dernière carte, sortie de la manche à la veille du scrutin, à la faveur de la récente résolution du Parlement européen sur l’Algérie, ne pouvait pas mieux tomber pour jouer sur les peurs des citoyens en assimilant l’acte électoral – qui est un acte politique, démocratique civique et citoyen – à un appel à la mobilisation populaire dans un contexte de guerre.

Le slogan officiel de ce scrutin, «Je vote pour l’Algérie», illustre parfaitement la stratégie électorale du pouvoir visant à exploiter la fibre patriotique à fleur de peau des Algériens pour les inciter à voter en masse, comme ce fut le cas par le passé, dans un autre contexte politique et sécuritaire, lorsque les algériens furent appelés à voter pour la paix et contre le terrorisme.

Se pose alors la question de savoir quelle légitimité pourrait avoir ce scrutin et le candidat élu qui en sortira pour présider aux destinés d’un pays dont la population est coupée en deux, entre les partisans de la feuille de route du pouvoir et de la continuité du système et les forces du changement et de l’alternance démocratique. Même si les actes physiques d’empêchement du vote sont isolés et circonscrits dans l’espace -– signe qu’ils ne sont pas encouragés par le hirak – le pouvoir ne manquera pas d’invoquer cet alibi providentiel pour justifier une faible participation électorale ou d’autres fausses notes susceptibles de parasiter le processus électoral et politique engagé.

Mais il demeure que le fragile, pour ne pas dire le faux consensus entretenu dans les rangs des partisans de l’option de l’élection présidentielle- – pouvoir et candidats confondus – est suspendu au résultat du scrutin. Quand on est convaincu qu’on est une grosse cylindrée même avec une faible motorisation, l’échec est toujours difficile à accepter.

La charte de l’éthique, que les candidats et des médias ont signée sous les feux des projecteurs, promet de voler en éclats à la proclamation officielle des résultats , voire même avant l’opération de dépouillement au vu des hostilités déjà ouvertes avec les affaires étalées sur la place publique dans lesquelles sont cités des noms présentés comme de sérieux prétendants parmi les candidats en lice.

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Marches et Rassemblements à Tizi Ouzou contre la présidentielle : Réussir l’opération «zéro vote»

La campagne antivote se poursuit dans la wilaya de Tizi Ouzou, où le rejet de la présidentielle est réaffirmé, chaque jour, par la population qui a totalement adhéré aux actions de protestation dans le sillage de l’opération «zéro vote» dans la région.

Cette dernière connaît ainsi d’importantes manifestations aussi bien la journée que durant la nuit, où les citoyens organisent des rassemblements, notamment au chef-lieu de wilaya et au niveau des autres villes. D’ailleurs, hier, une imposante marche a eu lieu dans la capitale du Djurdjura, qui a été envahie par une foule nombreuse. Les marcheurs ont dénoncé le scrutin d’aujourd’hui qui est, ont-ils scandé à gorge déployée, contre la volonté du peuple. Les manifestants ont aussi crié, haut et fort «Pouvoir assassin !» ; «Non au vote de la honte !» «Libérez les otages !» ; «Non au vote de chantage !» et «Djazaïr hora dimokratia !» (Algérie libre et démocratique). Ils ont aussi mis en avant des banderoles portant les principaux mots d’ordre du mouvement populaire, comme «Système dégage», «Pour une Algérie nouvelle», «Primauté du civil sur le militaire » et «Pour une Assemblée constituante souveraine».

La foule a continué son parcours jusqu’au mémorial des Martyrs de la Guerre de Libération nationale, avant de se disperser dans le calme tout en se donnant rendez-vous pour une action de terrain aujourd’hui afin, disent-ils, de réussir l’opération antivote. Celle-ci semble déjà avoir réuni le consensus général dans la région. Les multiples manifestations entreprises dans ce sens, notamment depuis le début de semaine, ont accentué la pression sur les organisateurs du scrutin où les 21 sièges de daïra sont murés par des citoyens. Des urnes ont été saccagées dans plusieurs localités.

Dans la nuit de mardi à hier, un rassemblement a été organisé devant le lycée Rabah Stambouli de la capitale du Djurdjura, où les manifestants soupçonnaient une opération de préparation de bureaux de vote. «Ils ont ramené des gens de l’extérieur de la wilaya pour voter, alors que toute la population rejette ce simulacre d’élection. Il faut réussir l’opération zéro vote», ont martelé des jeunes qui ont assiégé durant la nuit l’établissement scolaire en question. «L’administration veut préparer un seul centre de vote au chef-lieu de wilaya, juste pour les besoins des séquences de l’EPTV et des autres chaînes du régime alors que le peuple revendique une transition démocratique loin de toute alternance clanique», ajoutent-ils.

Dans les localités aussi, les citoyens veillent à la réussite de la campagne antivote. Ainsi, en plus de l’appel à la grève générale qui a enregistré une large adhésion, des marches ont été organisées à Aïn El Hammam et Draâ El Mizan, entre autres. Un rassemblement nocturne est observé devant le cinéma Mizrana de Tigzirt qui connaît une grande dynamique dans le sillage des actions du mouvement populaire. Outre les manifestations de rejet de la présidentielle, les habitants de Tigzirt organisent, depuis plus de cinq mois, d’imposantes marches dans la ville pour exiger la libération de Amar Acherfouche et de tous les détenus du mouvement populaire qui croupissent dans les geôles du régime. «L’appel à la grève généralde nationale a été largement suivi et le rejet de la mascarade électorale est acté par l’écrasante majorité du peuple. Il est de notre devoir de maintenir cette dynamique jusqu’à la satisfaction des revendications du hirak», lit-on dans un appel placardé dans les villages de la daïra de Tigzirt. Les rédacteurs de ce document exhortent les citoyens à rester vigilants et à maintenir le caractère pacifique du mouvement. Enfin, la population est mobilisée pour réussir l’opération «zéro votant».   

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Béjaïa : La mobilisation s’amplifie

La wilaya de Béjaïa se conjuguera aujourd’hui au temps de l’ultime mobilisation contre l’élection présidentielle.

Des appels à des marches et des rassemblements sont lancés dans plusieurs communes pour continuer à manifester tout en veillant à préserver le caractère pacifique du mouvement populaire. La pression est maintenue jusqu’à l’ultime minute, avec l’espoir de voir le rendez-vous électoral annulé.

Le PAD a appelé à un rassemblement devant le siège de la wilaya «pour exiger l’annulation pure et simple de cette élection». Un peu partout dans la wilaya, les citoyens se sont donné rendez-vous pour se rassembler, aujourd’hui aussi, devant les sièges de daïra, bien que la majorité soit murée, et devant les éventuels centres de vote, que l’administration n’a, officiellement, pas réquisitionnés. Au chef-lieu de la wilaya, les actions qui agitent la rue quotidiennement ont amené, avant-hier, à fermer, par soudure, plusieurs centres de vote, à l’exemple de l’important lycée El Hammadia, qui prend, d’habitude, en charge des centaines d’inscrits.

Le lycée Stambouli, au quartier de Taassast, ainsi que l’école qui lui est mitoyenne, et celles de Tizi et de Russel ont subi le même sort. Même scénario dans la périphérie de Béjaïa : Mellala, Ibourassen, Hellil, Ighil El Bordj… On a fait de même ailleurs, dans la wilaya : Beni Ksila, Tamridjt….

Les appels au pacifisme n’ont pas eu raison de l’angoisse des manifestants à se voir «doublés» par les organisateurs du vote, au risque de voir le même régime qu’ils décrient se régénérer à la faveur de cette élection. Ils l’ont crié hier lors d’une nouvelle marche qui a drainé du monde. Des milliers de personnes ont marché, comme la veille, jusqu’au bloc administratif où se trouve le siège fermé de l’Autorité nationale indépendante des élections. La manifestation a été ponctuée par l’installation d’un chapiteau à proximité de la place Saïd Mekbel et qui sera le siège d’une manifestation continue.

On a fait la même chose, la veille, à Kherrata, qui ne se démobilise pas à l’extrême est de la wilaya, où des citoyens ont aussi installé des chapiteaux sous lesquels ils campent. La mobilisation s’accentue ainsi en passant au rythme de sit-in permanents, sur fond d’une grève générale paralysante qui a cessé en fin de journée d’hier. Pour le PAD, «c’est une phase décisive et déterminante dans le processus révolutionnaire pour le rejet de l’élection présidentielle» d’aujourd’hui.

Dans la ville de Seddouk, au sud de la wilaya, des citoyens ont étalé des tapis devant le siège de la mairie où ils observent, depuis avant-hier, une grève de la faim de trois jours, pour accompagner la même action entamée par les détenus du mouvement à la prison d’El Harrach, dont quatre sont originaires de Seddouk.

Les manifestations de rue n’ont pas cessé, hier, dans les quatre coins de la wilaya. La tension qui monte à mesure qu’approche le jour J a fait sortir des milliers de citoyens dans une partie des 52 communes de la wilaya, tous unis autour du slogan «Oulach lvote !» (Pas de vote). Fixation extrême sur ce 12/12 dont le rejet fait consensus. On a marché à Tichy, Semaoun, Sidi Aïch, Seddouk, Akfadou, Akbou, Tazmalt… dans un calme que d’aucuns espèrent voir régner sur la journée exceptionnelle d’aujourd’hui.

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Mission impossible en Kabylie ?

Le scénario que nous réserve ce jeudi 12 décembre est une grande inconnue. Comment les autorités comptent-elles organiser une élection que la population dans son écrasante majorité rejette depuis son annonce ?

La question taraude l’esprit de millions d’Algériens inquiets des conséquences que leur réserve la tentative incertaine et risquée de ce coup de force électoral. Ce saut dans le vide fait que ce 12-12 est le jour le plus détestable pour les millions d’opposants à l’agenda du pouvoir qui ignore royalement la révolte de la rue.

S’il est un engagement périlleux dans les quatre coins du pays, le vote d’aujourd’hui est techniquement impossible au cœur de la Kabylie, où aucun signe de l’élection n’est visible et où le rejet est des plus massifs.

Pendant les trois semaines de campagne électorale, aucun candidat n’a osé mettre les pieds à Béjaïa et à Tizi Ouzou. Le meeting de Benflis, dans une salle presque vide à Bouira, a provoqué des affrontements entre manifestants et services de l’ordre. La parenthèse préélectorale a été aussitôt fermée dans la wilaya au même moment où des candidats ont dû annuler, la mort dans l’âme, des meetings électoraux ailleurs dans le pays.

En Kabylie, les autorités ont été amenées à s’entourer de la plus grande discrétion dans les préparatifs du scrutin. Aucun panneau d’affichage n’a été installé, aucune affiche promotionnelle signifiant que «l’Algérie vote» n’est visible dans l’espace public.

A la veille de chaque élection, les services de la DRAG communiquent les chiffres du corps électoral, des centres et bureaux de vote et de l’encadrement du scrutin. Jusqu’à hier, rien n’est rendu public. Presse et population sont laissées dans l’ignorance totale de ces données. L’administration a-t-elle fait son deuil du «vote kabyle» ? Ou tentera-t-elle le tout pour le tout pour une organisation aventureuse ? Même si les deux scénarios sont possibles, l’obstination assumée dans le discours officiel à aller jusqu’au bout du processus électoral plaide pour le deuxième.

Où pourra-t-on voter dans ce cas-là ? Traditionnellement, c’est au niveau des établissements scolaires que tout se passe. Mais pendant cette dernière semaine, les portails des écoles, CEM et lycées sont soudés l’un après l’autre. Le phénomène s’est répandu à une grande échelle à Béjaïa.

Il a été initié pour les sièges de daïra dont beaucoup ont été carrément murés. Au niveau des sièges des APC, ce sont les maires eux-mêmes qui s’affichent anti-élection. Parmi les édifices administratifs, seuls les sièges de wilaya sont demeurés imprenables. Ils sont les seuls potentiels centres de vote «civils». Ira-t-on jusqu’à exécuter ce plan d’exception et montrer une «Kabylie qui vote» ?

Jamais un vote n’a suscité autant d’interrogations, y compris pendant la très agitée période du Printemps noir. Le rejet continue dans tout le pays, mais avec un mode opératoire qui distingue la Kabylie. Le passage en force du pouvoir, s’il se réalise, mettra la région en opposition contre le «président» qui en sortira. Elle replongera dans la même situation de divorce qu’avec Bouteflika.

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Appels au calme après une nuit d’émeutes à Boumerdès

Le caractère pacifique du mouvement populaire en a pris un coup dans la nuit de mardi à Naciria, à l’est de Boumerdès, suite aux émeutes ayant éclaté entre des groupes de jeunes et des forces de l’ordre.

Les affrontements ont duré plus de quatre heures avant que le calme ne s’installe à nouveau vers 22h, grâce aux appels à la sagesse lancés par des membres de la société civile pour poursuivre le combat pacifiquement. Une dizaine de jeunes ont été arrêtés ; certains ont été libérés après la fin des hostilités, tandis que trois autres ont été retenus au commissariat jusqu’en milieu de journée d’hier. Ils ont été relâchés après avoir été auscultés par un médecin, attestant qu’ils n’avaient subi aucun mauvais traitement de la part de la police.

Leur libération est intervenue après une marche au centre-ville et l’intervention des représentants de la coordination des comités de village auprès de la police. Ces derniers, comme tous les participants à la marche, ont dénoncé les incidents de la veille et appelé les jeunes à plus de vigilance et à ne pas céder aux provocations. «Cette révolution est celle de la jeunesse. On n’a aucune leçon à leur donner, mais on leur a dit que la violence profite au pouvoir et ne sert pas la noble cause pour laquelle ils se battent depuis plus de neuf mois», souligne Arezki Benameur, représentant du comité des villages. Selon des témoins, les heurts ont eu lieu après qu’un groupe de jeunes ait accédé au siège de la daïra pour saccager les urnes.

Hier, une vaste opération de nettoyage a été initiée au centre-ville pour dégager tous les stigmates des incidents de la veille. Les appels au calme se sont multipliés aussi sur les réseaux sociaux. «Les manifestants doivent rester pacifiques quelles que soient les circonstances. Le pouvoir veut nous entraîner sur le terrain qu’il maîtrise le mieux pour discréditer notre mouvement», estime un internaute. Ces appels interviennent suite à la diffusion d’informations faisant état du caillassage d’un escadron des forces antiémeute à Beni Amrane et de l’arrestation de sept jeunes, libérés en fin de soirée.

A quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, la situation restait tendue dans plusieurs communes de la région. Des marches nocturnes ont eu lieu avant-hier encore à Bordj Menaïel, Issers, Ammal, Boudouaou, Si Mustapha, Dellys, etc. Dans les localités rurales, à l’instar d’Afir, Timezrit et Taourga, le vote risque de se dérouler à huis clos. «Je doute fort qu’il ait des élections ici. Il n’y a ni commissions de vote, ni agents, ni encadreurs. Et on n’a toujours pas ramené les urnes», précise un élus à l’APC de Timezrit.

Au siège de l’Anie, c’est le branle-bas de combat. Débordés et sous pression, ses membres s’affairent à colmater les brèches pour réussir cette opération hautement risquée. Pour minimiser le risque de dérapage, il a été décidé de réduire au maximum le nombre de bureaux de vote, notamment dans les localités frondeuses. Malgré le degré de maturité dont ont fait preuve jusque-là les opposants aux élections, les forces de sécurité sont sur le qui-vive. En plus du renforcement des barrages de contrôle, plusieurs escadrons des forces antiémeute ont pris la direction des communes de l’est de la wilaya pour protéger les urnes et mâter ceux qui oseraient gâcher la fête.

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Les Constantinois marcheront ce jeudi

C’est le dernier acte de la contestation avant l’élection présidentielle d’aujourd’hui. Les hirakistes, étudiants et citoyens, n’ont pas connu de répit depuis au moins une quinzaine de jours.

Entre grève, rassemblements et marches nocturnes, la liste des actions entreprises pour la bonne cause a fait le plein. Irréductibles, ces Constantinois fortement impliqué dans le mouvement populaire du 22 Février n’ont pas démérité en matière d’engagement.

Ils battent le pavé depuis dix mois, mais ont accéléré la cadence cette semaine, coïncidant avec la grève générale des 8, 9, 10 et 11 décembre. Hier encore, ils ont investi la rue. Rien ne peut les dévier de leurs revendications. A quelques heures du début du scrutin présidentiel du 12 décembre, d’aucuns sont unanimes à maintenir le cap du pacifisme du hirak jusqu’au bout.

Mieux encore, organiser la marche du vendredi dans la journée de jeudi. «Nous organiserons une marche jeudi au lieu de vendredi. Nous appelons la population à y adhérer, nous devons marquer notre opposition à cette élection par une marche des grands jours», a proposé un hirakiste lors du forum qui a clôturé la marche des étudiants mardi dernier. Proposition qui a recueilli l’assentiment de tous les présents, dont l’ensemble des figures de proue du hirak local.

Hier, c’était aussi une journée de protestation. L’affluence n’a pas battu les records, mais le feu sacré de la révolution était maintenu. Sur l’itinéraire traditionnel, les marcheurs ont déployé toute leur énergie pour exprimer leur refus de la «mascarade électorale». Au cris de «Makanch intikhabete maâ el issabate !» «Ulach ulach ulach elvot ulach !» «Makanch el vote, wallah ma ndirou !» «Dégage Gaïd Salah, il n’y aura pas de vote cette année !» jeunes, moins jeunes, hommes et femmes ont sillonné les artères principales de la ville, invitant les passants à venir grossir leurs rangs. Arrivés au niveau de la brèche, les haltes habituelles devant la Maison du syndicat et la cour de Constantine n’ont pu avoir lieu en raison du dispositif sécuritaire déployé sur les lieux.

A l’inverse, c’était un autre comité d’accueil qui les attendait. Quelques pro-élection ont tenté vainement de défier les manifestants en scandant des slogans à la gloire du chef d’état-major de l’armée. Ce genre de provocations est devenu légion pendant les marches hebdomadaires et celles nocturnes. Des tentatives de surenchère verbale, voire physique que les marcheurs réussissent, à chaque fois, à déjouer. Ces derniers ont d’ailleurs poursuivi leur chemin en clamant plus fort «Dawla madania machi askaria !»

Au dernier jour de la grève générale des 8, 9, 10 et 11 décembre, la vapeur n’a pas été inversée. Il n’y a pas eu de paralysie des secteurs d’activité. La capitale de l’Est a vécu ces quatre jours dans l’indifférence la plus totale. Seule la mobilisation de la communauté universitaire a pesé dans la balance.

Les campus ont connu un large suivi de la grève, dont des arrêts de cours, des rassemblements à l’intérieur des enceintes universitaires et des marches au centre-ville. «Il est évident que la grève générale n’a pas pris à Constantine, comme dans la majorité des régions du pays, et c’est dommage. Mais nous ne sortons pas de cette épreuve perdants. Loin s’en faut. Le mouvement populaire a repris du poil de la bête avec les marches nocturnes. Un engagement de tous les instants, c’est la ligne que le hirak a adoptée pour faire barrage à l’élection présidentielle», soutient-on. 

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Plus de 540 000 personnes mobilisées par l’Anie

L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie ) a assuré hier, par la voix de son porte-parole Ali Draa, que le vote de la communauté à l’étranger, qui compte un peu plus de 943 000 électeurs, «a connu durant les deux derniers jours une montée en cadence, après la réticence ayant marqué le lancement de l’opération en début de semaine».

Il qualifie la participation au scrutin à l’étranger de «satisfaisante», alors que Mohamed Cherif Belmihoub, membre de cette instance, affirme sur les ondes de la Chaîne 3 que «le taux de cette participation a atteint, mardi soir, les 20%». Pour ce qui est des bureaux itinérants, Ali Draa souligne que «la situation est maîtrisée. Les délégués de l’Anie ont atteint les endroits les plus reculés de l’Algérie où les gens votent sans problème». Le porte-parole de l’Anie ne donne pas de taux de participation, qui aurait, selon Mohamed Cherif Belmihoub, atteint les 30% et pourrait connaître une hausse entre hier et aujourd’hui.

Le porte-parole de l’Anie relève, par ailleurs, qu’«une importante logistique est mise en place dans l’ensemble des bureaux à travers le pays et a nécessité la mobilisation de plus de 540 000 personnes, choisies parmi la société civile, notamment des enseignants, des avocats, des jeunes étudiants, etc. Et nous recevons beaucoup de demandes d’intégration à ce dispositif». Ali Draa explique en outre que «l’Etat a mobilisé l’ensemble des services de sécurité pour parer à tout empêchement de l’acte de vote des citoyens». A ce sujet, il reconnaît que la situation dans certaines régions du pays, notamment la Kabylie, «risque d’être un peu difficile». Une appréhension basée sur le contenu des rapports des délégués de l’Anie pour ces régions. «L’Etat a pris des mesures pour permettre la tenue de cette élection dans ces wilayas dans des conditions plus ou moins acceptables.»

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